«Monsieur le Président de la République,
Le 31 Juillet 2009, le tribunal de commerce de Dijon a déclaré l’entreprise CERIC Automation implantée à Nolay et Montchanin en cessation de paiement alors que le Groupe Legris Industries auquel cette entreprise appartient annonce 212 millions d’euros de trésorerie nette.
CERIC vient ainsi rejoindre la cohorte des entreprises françaises dont le sort s’est noué au-delà de nos frontières, dans un terrible mécano d’intérêts financiers.
Les 230 salariés de cette entreprise bourguignonne, qui a toujours brillé par son savoir-faire et son innovation technologiques, risquent d’être les premières victimes des décisions de ces états majors internationaux, qui utilisent l’excuse de la conjoncture actuelle pour restructurer leurs sociétés. Loin de tout intérêt industriel mais aussi et surtout loin, très loin de toute gestion humaine et sociale digne de ce nom ! Les stratégies capitalistiques organisées par filiales et entités indépendantes ne permettent même plus de pouvoir identifier les responsabilités face à la gestion de crise des entreprises.
Vous venez de dénoncer le comportement de la direction américaine de Molex, empêchant toute solution d’avenir pour son site en Haute-Garonne. Vous venez même de promettre que, dans ce dossier, « l’Etat garantira le repreneur » si repreneur il y a. Les salariés des groupes de plus petite taille, comme ceux de CERIC à Nolay, mais aussi comme beaucoup d’autres sur notre territoire, subissant de plein fouet le joug financier de ces grands groupes sont en droit d’attendre de l’Etat la même attention. Il en va de la survie de ces entreprises filiales de grands groupes mais aussi de tous leurs sous-traitants, qui, en bout de course, sont, eux-aussi, menacés de fermeture. Le maintien de l’emploi sur le territoire bourguignon où les sous-traitants et les équipementiers sont nombreux est à ce prix.
Avec un plan régional de sauvegarde de l’emploi (PRSE) de plus de 20 millions d’euros adapté au tissu de notre industrie (75% de TPE), le conseil régional de Bourgogne a permis d’éviter le dépôt de bilan de nombre d’entreprises et d’endiguer une hausse du chômage encore plus lourde.
C’est pourquoi j’attends de l’Etat la même fermeté partout et pour tous : que les salariés des grands groupes, des PME et des TPE bénéficient du même soutien !
La Bourgogne représente la 5e région industrielle de l’Hexagone et nous devons tous préserver son avenir industriel !
Veuillez croire, Monsieur le Président, en ma haute considération»
François Patriat
Sénateur
Président de la Région Bourgogne
CERIC AUTOMATION A MONTCHANIN : François Patriat écrit à Nicolas Sarkozy
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- Catégorie : ECHOS DU BOUT DU MONDE
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