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Extrait de GASPARD TAUPENOT, curé de CHANGE
un livre d' Eugène MEUNIER
imprimé à AUTUN en 1914

 

 

Chapitre 1er
Le hameau de CHANGE

 

[Témoignage de] Maître Claude Clément, bourgeois à Nolay, âgé de cinquante-neuf ans :

« ..... Il y a plus de trois mille communiants dans la paroisse de Nolay, et l'église n'est pas assez spacieuse pour contenir ceux qui s'y rendent les jours de fête; une partie du peuple est obligée pendant les saints offices de se tenir dans la rue ou sous la halle pour entendre la messe;

ils ne peuvent pas entendre les instructions au prône, et avoir le recueillement nécessaire pendant cette sainte action; il s'y fait un bruit qui ressemble plutôt à l'assemblée d'un marché, qu'à celle des fidèles qui assistent aux saints mystères ; ceux qui sont au dedans de l'église sont pareillement distraits par la foule qui les accable; souvent, surtout en été, des personnes s'y trouvent mal; même quoique dans le temps d'hiver, dimanche dernier, le fils de Pierre Verdereau, âgé d'environ vingt-cinq ans, se trouva si fort pressé qu'il tomba en faiblesse. Il y a environ deux mois, quelqu'un, par indiscrétion, ayant fermé les portes de l'église, la foule y était si grande qu'il fallut avec le secours de leviers et autres instruments faire sauter les portes, pour faciliter la sortie de ceux qui étaient dedans et qui étouffaient; ce qui fit un grand scandale par les cris et les rumeurs de tout le peuple. Il y a une confrérie : le saint Sacrement est exposé tous les premiers dimanches du mois, et le sieur curé obligé de faire la procession dans l'intérieur de l'église; il a peine à y satisfaire à cause de la foule; il a été plusieurs fois en danger de tomber avec le saint Sacrement; on est si pressé jusque dans le sanctuaire qu'il est presque impossible de se mettre à genoux pendant l'élévation de la sainte Hostie et pendant la bénédiction ; on a peine à entendre les chantres à cause du bruit de la foule; il n'est pas possible de conserver le recueillement, en sorte que les offices divins ne peuvent se faire avec recueillement, malgré le zèle du pasteur et des prêtres qui y assistent. »
Dix autres personnes, de différentes conditions, firent des dépositions analogues, pour signaler les inconvénients qu'il y avait à faire venir les habitants de Change aux offices à Nolay. Et les hommes étant toujours et partout les mêmes, il y en avait encore d'autres. Mlle Maumenet qui allait, en la dotant, fonder la paroisse, les avait exposés dans sa première supplique adressée à Mgr l'Évêque d'Autun : '' Il faut nécessairement, disait-elle, que les habitants de Change, et ceux des villages éloignés se rendent à Nolay avant l'heure des offices; ou bien qu'ils restent à la porte, où ils sont exposés à toutes les injures du temps, soit pendant l'hiver, soit pendant l'été. De là, il arrive que ceux qui sont arrivés avant les services entrent dans les cabarets pour s'y rafraîchir en été, et se réchauffer en hiver; et insensiblement le vin leur fait oublier le sujet pour lequel ils sont venus à Nolay . »

Distance et difficulté des chemins : d'où difficultés pour le baptême des enfants , pour l'assiduité aux catéchismes, pour l'assistance à la messe, pour la visite des malades et l'administration des derniers sacrements ;

Exiguïté de l'église de Nolay; d'où peu de recueillement aux offices, gêne et malaise au dedans, bruit et tumulte au dehors; Tentation pour beaucoup de passer ailleurs qu'à l'église le temps destiné à l'accomplissement des devoirs de religion, et de se livrer à des occupations tout autres que celles pour lesquelles on s'était préparé et pour lesquelles on était venu;

Telles sont les raisons qui militaient en faveur de l'érection du hameau de Change en paroisse distincte; cette érection rendrait d'incontestables services : elle était nécessaire.

 

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